Vendre du conseil via son réseau

Réseau « salarié » (rang 1/2) vs réseau de prescripteurs : ordres de grandeur et limites

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Introduction

Vendre du conseil « via son réseau » paraît naturel : on se dit qu'il suffit d'activer ses relations et que les missions vont suivre. En pratique, le réseau est un levier puissant, mais sa capacité réelle dépend du type de réseau et du rôle qu'y jouent vos contacts.

Une façon simple de raisonner : distinguer le réseau salarié (collègues, pairs, managers) et le réseau non-salarié (dirigeants, indépendants, professions qui voient passer des besoins clients).

Les deux n'offrent pas les mêmes ordres de grandeur, ni les mêmes taux de prescription.

Cet article remet en forme un raisonnement “au tableau” avec des ordres de grandeur, pour clarifier ce que l'on peut attendre d'un réseau, et où se trouve l'effet d'échelle quand on vise une activité de conseil indépendante stable.

1. Deux façons de vendre via le réseau

Pour vendre du conseil via le réseau, il y a deux mécanismes différents.

Rang 1 Utiliser son réseau direct

Vos contacts vous connaissent vous. Ils peuvent acheter (rarement), vous recommander (souvent), ou vous introduire à des décideurs (idéalement).

Rang 2 Être prescrit vers un tiers

On “tape” dans le réseau de vos contacts : une introduction vers quelqu'un que vous ne connaissez pas (ou peu), mais avec lequel votre contact a une relation réelle. C'est souvent là que se trouvent les opportunités.

Point clé : le réseau “potentiel” (sur le papier) est presque toujours plus grand que le réseau activable (réellement mobilisable), à cause des relations tièdes, des conflits passés, et du manque d'occasion.

2. Réseau rang 1 : ce qu'on peut vraiment en attendre

Un réseau “proche” est souvent de l'ordre de 50 personnes (ordre de grandeur type Dunbar). Toutes ne sont pas mobilisables professionnellement.

Hypothèse simple (à ajuster selon votre réalité) : environ 50 % de ce réseau proche est “dans la sphère pro”. Cela donne ~25 personnes.

50

réseau proche (ordre de grandeur)

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~25

contacts “pro” mobilisables

Dans un réseau salarié, ces 25 personnes sont majoritairement des pairs (collègues) et une minorité de managers. Avec des ratios organisationnels classiques, on peut se retrouver avec un ordre de grandeur du type :

  • ~20 pairs
  • ~5 managers

Si l'on cherche des acheteurs directs, les vrais consommateurs potentiels sont souvent surtout ces managers — et encore, à condition qu'ils aient un budget, un problème, et l'envie de retravailler avec vous.

3. Réseau rang 2 : le “potentiel” n'est pas le “réel”

L'intuition classique est de dire : “mes pairs connaissent eux-mêmes des décideurs” → donc le réseau explose. Sur le papier, oui. Dans la vraie vie, c'est plus contraint.

Exemple au tableau : si vous parlez à 20 pairs et que chacun peut théoriquement recommander sur ~5 comptes, on obtient ~100 comptes “potentiels”.

20

pairs

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5

comptes / pair (théorique)

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~100

comptes “potentiels”

Mais un réseau activable se heurte à des réalités humaines :

  • relations faibles (peu de légitimité à “introduire”)
  • historiques compliqués (le manager avec lequel on ne veut plus interagir)
  • absence d'occasion (pas de contexte, pas de besoin, pas de “prétexte”)

Résultat : on peut retomber sur un ordre de grandeur plus réaliste autour de ~50 comptes activables sur un réseau salarié.

4. Pourquoi ce réseau ne suffit pas (souvent) à vivre du conseil

Un réseau salarié activable à ~50 comptes peut suffire pour se lancer ou décrocher quelques missions. Mais pour une activité indépendante stable en mode “projet”, ce n'est souvent pas assez.

Ordre de grandeur fréquent pour un indépendant en mode projet : ~10 missions / an. Pour soutenir ce rythme, on finit par devoir alimenter un flux beaucoup plus large de comptes contactés dans l'année : ~500 à 1 000 comptes / an (via un mix canaux, pas uniquement du réseau).

Conclusion opérationnelle : un réseau salarié peut fournir une part du trafic (par exemple ~10 %), mais il faut diversifier si l'objectif est de vivre durablement du conseil.

Dit autrement : si vous n'utilisez que ce réseau, vous dépendez beaucoup des mêmes personnes, des mêmes contextes, et des mêmes cycles budgétaires.

5. Le réseau non-salarié : changer d'échelle

Un autre “réseau” à explorer est celui des non-salariés : dirigeants, indépendants, consultants, personnes qui vendent des services proches des vôtres (sans être en compétition frontale).

La différence tient à une chose : ces profils ont non seulement des relations, mais aussi une clientèle. Exemple simple : si une personne non-salariée a ~10 clients / an, et qu'on raisonne sur un arc de ~3 ans, cela fait ~30 clients sur lesquels elle peut, dans certains cas, recommander un partenaire.

10

clients / an (ordre de grandeur)

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3

ans (arc récent)

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~30

clients activables potentiellement

Si vous avez ~20 personnes de ce type dans votre réseau, l'échelle devient très différente : \(20 \times 30 \approx 600\) comptes “dans le champ”. Même si seule une fraction est réellement mobilisable, cela change le jeu par rapport à un réseau salarié.

Premier niveau d'intelligence relationnelle : identifier et cultiver les non-salariés “proches” (complémentaires), qui vendent à des clients similaires, sans être des concurrents directs.

C'est souvent là que se construit une vraie mécanique de prescription.

6. Avocats, experts-comptables… des prescripteurs possibles ?

Les professions “au carrefour” (avocats, experts-comptables, CGP, courtiers, certaines agences, etc.) voient passer des signaux faibles (croissance, tensions, projets, risques) et peuvent être de bons prescripteurs.

En pratique, la question n'est pas “peut-on les utiliser” mais “dans quelles conditions cela marche”. Par exemple :

  • Alignement de clientèle : même gamme de taille, mêmes types d'entreprises, mêmes problématiques.
  • Complémentarité : pas de compétition directe sur l'offre, sinon la recommandation devient difficile.
  • Confiance : capacité à recommander sans risque réputationnel (qualité, posture, discrétion).
  • Réciprocité : votre capacité à apporter de la valeur en retour (contacts, insights, opportunités).
Idée simple : ces prescripteurs sont utiles quand vous êtes “facile à recommander” : proposition claire, cadre d'intervention lisible, et absence d'ambiguïté sur le fait que vous protégez la relation.

Si vous vendez via des prescripteurs, votre sujet n'est plus “combien de personnes je connais”, mais “combien de situations clients mes partenaires voient passer, et combien d'entre elles matchent mon offre”.

7. Synthèse

Vendre du conseil via le réseau fonctionne, mais l'effet d'échelle dépend du type de réseau :

  • Réseau salarié (rang 1/2) : souvent ~50 comptes activables au mieux → utile pour démarrer, insuffisant pour soutenir une activité en rythme.
  • Activité indépendante stable : viser ~10 missions/an implique typiquement ~500 à 1 000 comptes/an dans le champ (via un mix canaux).
  • Réseau non-salarié : accès indirect à des portefeuilles clients (prescription) → ordres de grandeur potentiellement beaucoup plus élevés.
  • Professions prescriptrices (avocats, experts-comptables, etc.) : pertinentes si complémentarité + confiance + proposition claire.

Le réseau est donc un levier, mais la stratégie la plus robuste consiste souvent à combiner réseau salarié, réseau non-salarié (partenaires/prescripteurs), et une approche directe structurée — voir Structurer une chaîne d'acquisition client pérenne en digital.

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