La session
Session gaming organisée par OctaEdge. Une équipe de conseil en stratégie.
Un lundi soir. L'air est chaud. La salle est belle — verre et vieilles pierres. Comme ces salles du huitième.
Au milieu de la soirée : répondre à un appel d'offres. Un grand acteur de la banque-assurance.
L'appel d'offres ? Un Word classique. Deux pages. Le format attendu ? Un PowerPoint. Quelques enjeux clients. Un peu de contexte. Quelques demandes. Pour une fois, le brief est bien. Par rapport à ce qu'on a d'habitude.
Dans la salle : deux juniors. Un manager. Un senior director. Schéma classique. Petit appel d'offres. 300 à 500 000 euros.
Les juniors sont agréables. Frais. Tout droit sortis de leurs premiers engagements. Le manager est un peu plus hostile. Il a sa façon de faire. Son schéma de délégation. Derrière ses lunettes, on sent qu'il est habitué à produire la slide parfaite.
Le directeur est jovial. Il veut confronter son expertise à la machine. Son intuition lui dit qu'il va gagner.
Et puis un peu de champagne. Ce n'est pas fêté du gaming — on est dans le huitième. J'aurais préféré une bonne bouteille de rouge des familles. On s'adapte.
Le setup
L'objectif, c'est évidemment d'apprendre, de voir ce que l'IA peut faire au niveau de ces processus-là.
- Un junior tout seul avec OctaEdge
- Un junior avec un peu de support métier OctaEdge
- Le manager tout seul avec OctaEdge
- Le directeur seul avec pour outil unique ChatGPT ou Claude
Tout le monde a deux heures pour faire un draft de propale qui est jugé décent. On s'intéressera relativement peu au formatting.
Résultats
Résultat des courses deux heures plus tard.
On commence par la présentation du directeur, la référence, l'étalon, le standard canonique. C'est beau, il est confiant, le contenu est intelligent, tout ce qu'on aime. Mais il dit ne pas avoir pu réussir à finir véritablement tout ce qu'il voulait.
Le junior, tout seul, a pondu quelque chose d'équivalent en 1 h, 1 h30. Le junior avec support, même chose, même si c'est un petit peu étalé dans des questions métiers. Et les juniors ont ensuite passé du temps à discuter forme.
Le manager lui a râlé, la machine ne suit pas son schéma habituel de délégation et conclusion, il n'a rien fait.
Apprentissages par profil
On discute donc apprentissage.
Côté managers, ce qui se dégage est clair : si on n'aime pas, on n'adopte pas. C'est un cas d'école et c'est d'autant plus vrai avec des gens qui ont les moyens de contourner les outils.
Le directeur lui se gratte la tête. En fait, le junior a fait un draft équivalent, mais lui doit devoir revoir ses slides. C'est l'organisation qui veut ça. Et il se dit qu'entre revoir et faire lui-même, mieux vaut faire soi-même. C'est une histoire de confiance et peut-être finalement de productivité quand on travaille à deux.
Les juniors eux sont contents, ils ont l'impression d'avoir appris un truc et ils ont pu farfouiller dans un outil métier qui leur a montré une façon de faire.
Conclusion
En fait, optimiser le flux de production de propale, c'est trouver un outil qui correspond avant tout à une organisation ou une intention d'organisation.
La machine fait gagner en productivité côté proposition commerciale des individus dont ce n'est pas le quotidien. Elle les met à part égale avec les rockstars sur le sujet. C'est normal.
Et donc, concrètement qu'est ce que cela veut dire dans le conseil?
- Pour les indépendants & micro structures : il peut y avoir un vraie gain surtout qu'on passe plus de temps à produire qu'à vendre.
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Dans des organisations un peu larges :
- Donner un outil pour mettre les juniors/seniors aux manettes de petites ventes — par exemple pour le follow-up de mission peut s'avérer un game changer.
- Pour le manager : ce spécialiste de delivery aux convictions qu'on vient de créer, et ben ça pose une vraie question. Ce qu'au milieu de tout ça, son rôle, personnellement, je n'en sais rien.
- Pour le directeur ou le partner : c'est avant tout une histoire de délégation. Il s'agit d'accepter de ne pas tout contrôler.