Être indépendant et chercher ses premiers contrats

Réseaux, rencontres, digital et assets : quatre leviers pour générer ses premières missions

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Introduction

Chercher ses premiers contrats en tant qu'indépendant peut arriver à différents moments au cours d'un cycle de vie entrepreneurial. Cela peut être au démarrage de son activité, ou simplement après un repositionnement : on passe d'un format de mission longue à temps plein à un mode projet, ou l'on porte une nouvelle offre.

La différence entre ces deux moments de vie, c'est le temps disponible pour lancer son activité. Ce n'est pas tout à fait la même chose si l'on doit livrer des missions en parallèle, ou si l'on a tout le temps devant soi pour prospecter.

Dans tous les cas, chercher ses premiers contrats, c'est un moment tout feu tout flamme : un chaos créatif, aussi plaisant que générateur de tension — après tout, il faut bien finir par générer du revenu.

C'est un moment d'expérimentation et, avant tout, d'apprentissage. Et si l'on prend un peu de recul dans ce chaos ambiant, quatre faits saillants émergent — chacun avec une action concrète associée.

1. Le premier contrat vient souvent de son réseau

Le premier contrat, c'est souvent quelqu'un de son réseau. Les raisons sont multiples.

C'est plus facile, si l'on se connaît ou si l'on a une introduction, d'avoir une conversation et, in fine, de déclencher une activité commerciale. C'est aussi beaucoup plus facile, quand on se connaît, de se comprendre — ou en réalité de tolérer une forme d'incompréhension : lorsqu'on vend son premier contrat, l'offre n'est souvent pas calée, le message non plus.

Action : cartographier son réseau de niveau 1 et envoyer des petits mots à toutes les personnes susceptibles d'être intéressées. Mapper son réseau de niveau 2 et envoyer des demandes d'introduction aux contacts qui pourraient ouvrir des portes. Si les demandes d'introduction ne fonctionnent pas, aller directement au contact visé.

Pour dimensionner ce levier, voir aussi Vendre du conseil via son réseau.

2. Les premiers contrats viennent souvent d'une rencontre

Les premiers contrats sont souvent des gens que l'on rencontre. Ça peut être la magie du hasard, des événements — un apéro estival, un rendez-vous dans son marché, dans sa niche. On converse, pas tant pour pousser son offre que pour comprendre.

Ma conviction, c'est qu'au début, l'offre que l'on peut porter est parcellaire. Aussi, rien ne sert de la pousser. Il faut avant tout écouter l'autre, comprendre ses besoins et voir comment les adresser.

Les premiers contrats sont souvent tangents à son offre, mais c'est aussi ce qui permet de la faire évoluer — chaque mission rapproche le positionnement de ce que le marché attend réellement.

Action : cartographier les événements des trois prochains mois en physique dans sa région et y participer activement. Participer activement signifie chercher quelles entreprises vont être présentes, identifier qui l'on va aller voir et préparer comment l'on s'introduit.

3. Le digital : un travail à mener en parallèle

Le travail digital est un travail à faire en parallèle des deux leviers précédents. Il ne remplace pas le réseau ni les rencontres, mais constitue plutôt un circuit d'apprentissage qui paie à moyen terme.

Étape 1 Cartographier et se connecter

Identifier toutes les entreprises de son marché et leurs membres clés vis-à-vis de son offre, puis se connecter à eux sur LinkedIn.

Étape 2 Publier avec régularité

Poster avec régularité — je conseille personnellement deux fois par semaine — pour comprendre ce qui fait vibrer son audience. Le grand enjeu, c'est de trouver les bons mots, les hooks, qui permettent de voir ce qui accroche et surtout d'obtenir une réponse.

Une fois qu'on a trouvé un embryon de formule de hook qui semble marcher, on passe en prospection : aux personnes identifiées et connectées, on envoie un message direct sur LinkedIn ou un mail en mode personnalisé.

Attention : la compétition pour l'attention est beaucoup plus forte sur la sphère digitale, et cela impose un travail amont beaucoup plus long. C'est un travail de marketing, un travail de fond — et c'est cette discipline initiale et cette posture humble qui crée le succès.

Le digital permet souvent de générer des contrats, mais à un horizon relatif, moyen terme. Cela se fait uniquement lorsqu'on est devenu suffisamment clair et attirant pour capter l'audience, obtenir son attention et provoquer une réponse.

Action : cartographier ses comptes et contacts cibles, lancer des invitations LinkedIn et poster deux fois par semaine — avant de basculer en prospection directe.

4. Développer des assets : un deuxième travail en parallèle

Au-delà du digital, un deuxième travail à mener en parallèle consiste à développer des assets pour inciter les gens à la conversation.

Une façon efficace d'y parvenir, c'est de leur donner quelque chose. L'idée n'est pas nouvelle — je trouve qu'elle a été très bien illustrée et résumée dans le livre $100M Leads, d'Alex Hormozi.

Ce travail d'assets, qui va de pair avec la préparation des conversations décrite plus haut, est doublement utile :

  • Premièrement, il permet de travailler son offre et d'accroître son expertise.
  • Deuxièmement, il accélère le volume de conversations efficaces que l'on va avoir, parce que les gens y gagnent quelque chose.

À noter : la plupart des assets finissent souvent jetés. C'est normal — et ce n'est pas grave, parce que leur job, c'est surtout de permettre d'apprendre.

Action : pour un couple offre × marché × audience, lister les cinq assets clés qui pourraient être offerts, les développer et les utiliser dans des conversations. Mesurer l'engagement, comprendre les retours, demander du feedback et itérer en fonction des conversations et des réactions obtenues.

5. Synthèse

Chercher ses premiers contrats, c'est combiner plusieurs registres complémentaires :

  • Réseau (niveau 1 et 2) : activer ses relations proches, demander des introductions, aller au contact si besoin.
  • Rencontres physiques : écouter plutôt que pousser une offre encore immature, et laisser les premières missions faire évoluer le positionnement.
  • Digital en parallèle : cartographier, se connecter, publier régulièrement, puis prospecter une fois le message clarifié.
  • Assets : créer des contenus à offrir pour ouvrir des conversations, affiner son offre et mesurer l'engagement.

Le réseau et les événements accélèrent les premiers contrats ; le digital construit la régularité pour la suite. Pour orchestrer l'ensemble sur la durée, voir Lancer son activité d'indépendant et Structurer une chaîne d'acquisition client pérenne en digital.

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