De l'obsolescence des compétences chez les indépendants dans le consulting IT

Compétences cœur, jobs en mouvement et prospection pour rester pertinent

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Introduction

En tant qu'indépendant dans la communauté IT, on voit que les choses bougent. Les nouvelles technologies, les nouveaux jobs, les nouveaux frameworks — on a l'impression d'un changement et d'un renouvellement permanents.

Au point parfois qu'on se sent perdu et qu'on a l'impression de vide. C'est là où je pense qu'il faut relativiser un peu et revenir à ce qui fait la base de nos métiers et des compétences sous-jacentes.

Le constat : le rythme des nouveautés peut créer un sentiment d'obsolescence — mais les fondamentaux métier, eux, bougent beaucoup moins qu'il n'y paraît.

Cet article distingue ce qui est stable de ce qui évolue, où se situe le vrai risque, et comment, concrètement, un indépendant peut se repositionner.

1. Trois familles de compétences

Aujourd'hui, il y a — je vais dire — trois grandes familles de compétences.

  • Les compétences produit, dans lesquelles on retrouve le product marketing (discussions de positionnement, de prix), le product management et le product ownership.
  • Les compétences transverses, autour de l'architecture et de la gestion de programmes.
  • Les compétences purement tech : au sens data (ETL, advanced analytics), au sens software (front, back, full stack), et au niveau infrastructure et sécurité, incluant le DevOps.

Mon point de vue, c'est que toutes ces compétences sont stables — à savoir, elles changent très peu dans le temps.

2. Compétences stables, jobs en mouvement

Ce qui bouge, par contre, ce sont les jobs, les skills technologiques associées. Et les deux vont de pair.

Parce que tous les cinq à dix ans, il y a de grands changements technologiques qui bousculent la manière dont les compétences sont opérationnalisées. Et à la clé, il y a des gains de productivité assez massifs. De facto, les frontières entre les jobs évoluent.

À retenir : la compétence cœur (produit, transverse ou tech) reste reconnaissable — c'est surtout la façon de la pratiquer au quotidien qui se transforme avec les outils et les rôles du marché.

Comprendre cette distinction aide à ne pas confondre « mon métier disparaît » et « mon stack ou mon intitulé de poste change ».

3. Deux niveaux d'obsolescence

Il peut du coup y avoir un sentiment d'obsolescence à deux niveaux.

Jobs très spécialisés

Sur certains jobs très spécialisés, sur des domaines où la technologie fait le travail, il y a un risque d'obsolescence. Par exemple, pour les rôles de DBA ou d'admin sys, on a eu beaucoup de changements au niveau infrastructure as code qui permettent aujourd'hui d'avoir un contrôle assez simple sur des pools de centaines, voire de milliers de machines par personne — ce qui n'était pas du tout le cas avant.

Spécialisations technologiques

Sur d'autres éléments qui sont des spécialisations technologiques — par exemple dev avec un framework particulier — en fonction des performances d'un framework ou de son évolution, les lignes bougent aussi.

Dans ces deux cas, il existe une façon de lutter contre l'obsolescence : on remonte à sa compétence cœur, on positionne une offre sur quelque chose qui permet d'apprendre, et on trouve de nouvelles missions.

4. Lutter contre l'obsolescence

En fait, l'idée, c'est que 25 % des missions qu'on fait doivent rapporter du neuf.

Et c'est justement là qu'il y a une zone de stress, parce que souvent, revenir à quelque chose peut-être de plus simple, un tout petit peu plus généraliste, impose d'aller chercher les missions soi-même et d'apprendre du marché.

La règle des 25 % : une part significative de son activité doit servir à explorer, se former et tester un positionnement — pas seulement exécuter ce qu'on maîtrise déjà.

Ce repositionnement demande du temps commercial et de la curiosité métier. Ce n'est pas automatique : c'est un choix délibéré de ne pas rester enfermé dans une niche qui se réduit avec le temps.

5. Sourcer de nouvelles missions

En tant qu'indépendant, on est toujours à l'affût de missions à travers différents canaux.

Et lorsqu'on veut lutter justement sur cette partie obsolescence — parce qu'on a une expertise qui est très niche et intrinsèquement liée à une technologie — l'idéal, c'est justement d'aller prospecter un peu par soi-même pour essayer de trouver des choses nouvelles vis-à-vis d'une démarche, on va dire, à la fois de marketing et d'apprentissage.

En pratique : combiner farming sur l'existant et prospection active permet de sécuriser le revenu tout en ouvrant des portes vers de nouvelles compétences opérationnelles.

6. Synthèse

Le consulting IT indépendant vit sous un bruit permanent de nouveautés — mais le diagnostic est plus nuancé :

  • Les compétences cœur (produit, transverse, tech) restent stables dans le temps.
  • Jobs, skills et technos évoluent par vagues, avec des gains de productivité qui redessinent les frontières métier.
  • L'obsolescence touche surtout les rôles très spécialisés ou les stacks étroitement liés à une techno.
  • La réponse : remonter à sa compétence cœur, viser 25 % de missions « neuves », et prospecter soi-même quand la niche se resserre.
  • Les canaux : plateformes, farming et sourcing direct — chacun a sa place selon le stade de l'activité.

Relativiser le sentiment d'obsolescence, ce n'est pas nier le changement — c'est choisir sur quoi capitaliser et comment alimenter en permanence la part de l'activité qui permet d'apprendre et de se repositionner.

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